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Tandis que la 60e édition du Salon des Véhicules de Loisirs ouvre ses portes aujourd’hui jusqu’au 4 octobre, au parc d’exposition de Paris-Le Bourget, son directeur Michel Freiche, également président de l’UNI-VDL (syndicat professionnel des constructeurs de véhicules de loisirs) nous a accordé une interview. Bilan du marché, hausse des prix et du coût des carburants, évolution des usages, 60e édition du Salon VDL, Michel Freiche décrypte pour nous les mutations du secteur.

Quel bilan tirez-vous de la dernière saison du marché des véhicules de loisirs ?

Le marché européen du camping-car est resté relativement stable au cours des douze derniers mois. On note cependant des différences significatives selon les géographies : les marchés italien, espagnol ou encore le marché belge connaissent de belles progressions tandis que l’Allemagne ou le Royaume Uni sont stables et la France en recul.

Le niveau de notre marché national est toutefois resté élevé au regard de la période pré-Covid avec un total proche de 26.000 camping-cars neufs immatriculés. C’est un peu plus de 1.000 véhicules de moins que la saison dernière, mais le marché avait été soutenu l’an dernier par des opérations de déstockage menées par les réseaux de vente.

Durant la saison 2025-2026, 25.710 véhicules de loisirs neufs ont été immatriculés (-6%) et 65.942 d’occasion (-2,5%).

Comment expliquez-vous le ralentissement du marché et le recul de 6 % des immatriculations ?

Le contexte économique et politique international a pesé sur le moral des consommateurs et ralenti les prises de décision. L’incertitude politique en France a accentué ce phénomène et incité certains possesseurs de camping-cars à retarder le renouvellement de leur véhicule.

Entre camping-cars, fourgons et vans, quelles sont les dynamiques aujourd’hui, pourquoi certains progressent et d’autres ralentissent ?

Les fabricants traditionnels développent des gammes de véhicules de loisirs plus compacts, proche de l’encombrement des fourgons mais avec davantage d’habitabilité et une meilleure isolation. Cette nouvelle offre vient donc naturellement concurrencer le fourgon aménagé.

La part de marché de celui-ci continue cependant de progresser cette année, mais au détriment du van en particulier chez les primo-accédants.

Quel est aujourd’hui le profil de l’acheteur d’un véhicule de loisirs ?

Le profil de l’acheteur reste assez stable : l’âge médian est légèrement supérieur à 60 ans et 70 % des acheteurs ont entre 50 et 69 ans.

Pour cette nouvelle saison, quelle tendances voyez-vous émerger ?

Les tendances évoluent en fonction des besoins et des attentes des consommateurs. Ainsi, cette saison, les ADAS (aides à la conduite) se généralisent sur les porteurs.

Par ailleurs les camping-cars classiques se rapprochent des fourgons avec l’augmentation de l’offre des véhicules slims. En effet, ces camping-cars concilient les avantages d’un fourgon et d’un camping-car classique.

Nous retrouvons également des véhicules toujours plus autonomes, avec les batteries lithium, les panneaux solaires et toujours plus de confort, avec notamment des systèmes de chauffage et de climatisation de plus en plus performants.

Les prix des camping-cars et des vans ont fortement augmenté : est-ce un frein pour les Français qui souhaitent se lancer ?

Après une période de forte inflation, notamment liée à la hausse des tarifs des porteurs, les constructeurs de VDL ont réagi et proposent aujourd’hui des produits avec des prix adaptés.

La plupart des ménages peuvent envisager l’acquisition d’un camping-car, même avec un budget limité. On trouve ainsi des véhicules d’occasion en bon état à des tarifs abordables.

Par ailleurs, le camping-car est un investissement qui se déprécie relativement peu dans le temps si bien que les sociétés financières spécialisées financent souvent sur 10 à 12 ans ce type de véhicule ce qui permet des mensualités peu élevées.

Le secteur des véhicules de loisirs est largement dominé par la motorisation diesel, le plein de gazole est un poste de dépense majeur pour les camping-caristes.

Autre sujet de préoccupation : la flambée du prix du diesel. Quel impact peut-elle avoir sur le marché et sur les intentions d’achat ?

L’évolution du prix des carburants concerne tous les acteurs du tourisme. Les voyages en avion, en bateau de croisière ou en même en voiture sont également touchés, souvent plus fortement que les séjours en camping-cars. Si l’on considère qu’en moyenne un camping-cariste roule 8.000 km par an et consomme 11 litres aux 100 km, le surcoût de 50c au litre représente un supplément de l’ordre de 40 € par mois, ce que la plupart de nos clients peuvent absorber.

En réaction, les utilisateurs nous disent qu’ils partent moins loin, mais tout aussi souvent et dépensent peut-être un peu moins sur place pour compenser le surcoût du trajet.

Quels critères d’achat orientent le marché ?

Le confort et la modularité restent déterminants. Les acheteurs veulent aujourd’hui optimiser chaque centimètre carré, sans pour autant renoncer au confort.

Les clients veulent aussi davantage de polyvalence. Ils recherchent des véhicules qui leur permettent de voyager, mais aussi d’être utilisés au quotidien. Ceci explique l’engouement pour les vans et les fourgons que nous avons connu ces dernières années.

Enfin, l’autonomie est essentielle afin de partir plus longtemps ou plus librement.

Le prix de l’acquisition du véhicule de loisirs est bien entendu un critère très important. Le camping-car conserve sa valeur dans la durée. Ainsi, on peut théoriquement l’utiliser quelques années puis le revendre, ce qui fait que le coût d’utilisation est très raisonnable. Dans les faits, peu d’utilisateurs arrêtent la pratique après leur premier achat.

Va-t-on bientôt voir des camping-cars électriques ?

L’arrivée des camping-cars électriques dépendra avant tout des calendriers de développement des constructeurs de porteurs. Nous pourrions voir apparaître les premiers modèles électriques à l’horizon 2030.

Le 60e Salon des Véhicules de Loisirs, se tient à Paris-Le Bourget, du 26 septembre au 4 octobre 2026.

Que nous réserve cette 60e édition du Salon des Véhicules de Loisirs ?

Cette 60e édition a été repensée afin de répondre au mieux aux attentes des visiteurs : une accessibilité améliorée grâce à une fluidification de la circulation aux abords du Bourget, encore plus d’exposants, une offre de restauration renforcée avec un Barbecue Fest et davantage de places assises au sein du salon permettant d’organiser sa journée de façon optimale… et quelques surprises à découvrir sur place !

On y retrouve également le centre d’essais, le parking hébergement et les soirées animées pour les camping-caristes qui restent sur place. Nous tenons vraiment à ce que nos visiteurs passent une journée agréable au-delà de la découverte des véhicules et de toutes les nouveautés.

En 60 ans, qu’est-ce qui a le plus changé dans la manière dont les Français voyagent en véhicule de loisirs ?

En 60 ans, la manière de voyager en véhicule de loisirs a profondément évolué. À l’origine, il s’agissait avant tout d’un mode de vacances synonyme de détente et de repos. La caravane permettait de profiter pleinement de ses congés payés pour se reposer dans un cadre agréable pendant plusieurs semaines.

Les Français recherchent désormais davantage de flexibilité et d’expériences. Ils partent plus souvent, parfois pour de courts séjours, et souhaitent pouvoir voyager à leur rythme, en toute autonomie, tout en conservant un certain niveau de confort. Aujourd’hui nous parlons vraiment de tourisme itinérant car le camping-car est aussi devenu le moyen de découvrir les territoires autrement, au plus près de la nature, du patrimoine et des savoir-faire locaux en changeant de lieu aux grès de ses envies.

Au Salon VDL, 150 exposants et 650 véhicules vous attendent sur les 70.000 m² d’exposition répartis sur 4 halls. Vous y trouverez également une expo de véhicules anciens et à l’extérieur, un espace occasion et un centre d’essais.

Quel est votre meilleur souvenir de l’histoire du salon ?

Mon meilleur souvenir est la venue du chanteur-imitateur Michaël Gregorio lors de la soirée du 50ᵉ anniversaire. C’était un moment particulièrement convivial et une belle façon de célébrer les 50 ans du salon avec les principaux acteurs du secteur.

Enfin, à l’occasion de cette 60ᵉ édition, quel message souhaiteriez-vous adresser à ceux qui hésitent encore à acheter un véhicule de loisirs ?

À ceux qui hésitent encore, je dirais que le véhicule de loisirs, c’est avant tout une formidable invitation à partir. Avoir un VDL, c’est se créer davantage d’occasions de voyager, de découvrir, de vivre des expériences et, surtout, de profiter des personnes qui comptent pour nous.

On n’attend plus forcément les grandes vacances pour partir. Un anniversaire chez des amis, le diplôme d’un petit-fils, un mariage, un événement familial, une envie de découvrir une région… Le VDL permet de saisir toutes ces occasions, de partir facilement, sans avoir à tout organiser longtemps à l’avance et sans s’imposer de contraintes.

✅ Infos pratiques : salonvdl.com


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