Le camping-car ne va pas échapper à une flambée des prix, sous la pression d’une demande en forte hausse et une remontée sans précédent du cours des matières premières : bois, acier, mousse, plastique, composants électroniques… Tout y passe.

A l’heure où ils préparent activement la nouvelle saison, les constructeurs de camping-cars se retrouvent dans la tourmente, confrontés à des ruptures d’approvisionnement qui désorganisent la production et peuvent les conduire à la fermeture de sites de fabrication… Le groupe Pilote l’a fait, Chausson et Challenger aussi. Les autres ne l’excluent pas. « Nous en sommes réduits à guetter l’arrivée des camions transportant les châssis »  se désole un fabricant français.

Des annulations sèches

Également sous pression, les fournisseurs ne s’engagent ni sur les prix ni sur les délais. Ce défaut de visibilité pèse naturellement sur la production et la livraison en bout de chaîne. «  Nous avons réussi à préserver l’essentiel des commandes et limiter le nombre des annulations sèches à moins de 5%. C’est moins que dans d’autres secteurs, mais c’est toujours trop, car certains clients ont dû abandonner leur projet de vacances » confie Antoine Guéret, membre du directoire et responsables des ventes et du marketing du groupe Pilote.

Les raisons du désordre sont multiples et tiennent aussi bien au rattrapage de la demande mondiale qu’à des tensions spéculatives et des soucis logistiques liés à la crise du Covid-19. D’autres spécialistes évoquent la transition énergique qui exige un changement structurel et des besoins accrus de matières premières.

Les usines sont parfois contraintes de s’arrêter faute de composants et d’équipements. (Photo Benimar)

Navigation à vue

Dans ce contexte, les constructeurs de camping-cars doivent faire preuve d’une très grande souplesse. « Nous avons été contraints de faire des modifications de commandes en cours d’année. Les éditions spéciales prévues sur Fiat Ducato ont été lancées sur le Citroën Jumper parce que nous avons réussi à obtenir des Citroën » poursuit Antoine Gueret. La navigation se fait à vue, avec une visibilité réduite à trois semaines. Bien sûr, tous les constructeurs sont logés à la même enseigne, puisqu’ils travaillent avec les mêmes fournisseurs : Dometic, Truma, Fiat…

Vu les très nombreux composants qui entrent dans la fabrication d’un camping-car, la hausse des matières premières impacte forcément le prix de revient des camping-cars. Et pour les constructeurs, la première dépense, c’est le coût du châssis. La facture grimpe d’un cran avec la modernisation du Fiat Ducato attendu sur les collections 2022 : nouveau tableau de bord full digital, direction électrique et intégration de nombreux assistants à la conduite. Ces évolutions vont dans le bon sens, mais elles s’accompagnent d’un surcoût pour l’industrie VDL, très dépendante du Fiat Ducato (près de 75 % des immatriculations de camping-car).

Selon les premières indications fournies par les marques Chausson et Challenger, la hausse des prix des camping-cars pourrait s’échelonner entre 8 et 13 % pour les fourgons Fiat, sujets à une très forte demande de la part de l’ensemble des filières économiques, pas uniquement du VDL, mais aussi du transport et du BTP. Le redémarrage de l’activité s’apprécie aussi à l’aulne des commandes de fourgons. Pour les camping-cars profilés, la facture grimperait de 5% lorsqu’ils sont associés au Ford Transit et de 7% sur le Fiat Ducato.

Nouvelle planche de bord du Fiat Ducato. L’instrumentation de bord est entièrement numérique grâce au Full Digital Cockpit .

De nouvelles offres économiques

Au sein du groupe Pilote, on souhaite contenir l’augmentation moyenne des couts de revient estimée à 5%. Le constructeur va en absorber une partie. Pour autant, il faut s’attendre à des hausses sensibles, de l’ordre de 3,5% pour les profilés et intégraux (+2000 €) et 5% pour les fourgons (+2400 €).

La bonne nouvelle chez Pilote et Bavaria, c’est la baisse du prix de 1000 € des intégraux en édition spéciale qui passent en motorisation Fiat 140 ch. de série, contre 160 ch. l’an dernier.

Au moment où beaucoup de personnes s’intéressent aux camping-cars, cette hausse générale des tarifs n’est pas un bon signal. En conséquence, les constructeurs généralistes n’auront pas d’autres choix que d’ajuster leur offre et revenir à des camping-cars plus simples et moins chers. Chausson et Challenger ont déjà dévoilé une gamme économique (Série S), d’autres s’apprêtent à le faire…

Le nouveau profilé S Challenger S194 avec lit transversal affiche 5,99 m de longueur. Un modèle à vocation économique affiché au prix de 46990 € sur Ford Transit 130 ch.
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