Les nouveaux camping-cars Arto 76 F et Arto 83 F, signés Niesmann + Bischoff, conjuguent raffinement et discrétion, au service d’une qualité hors pair. C’est pratiquement un sans faute. Nous avons eu le plaisir de partir au volant de l’Arto 83 F, un superbe intégral poids lourd de plus de 8 m de long…

A l’écoute des clients français, grâce à l’engagement sans faille de son gérant, Hubert Brandl, et à de solides relais en France, le constructeur de camping car Niesmann + Bischoff fait preuve d’une réelle ouverture d’esprit, pas si fréquente de la part de nos voisins d’outre Rhin. La marque allemande pousse son avantage jusqu’à concevoir des intégraux dédiés au marché français, à l’image de l’Arto 76 F et Arto 83 F. Ces camping-cars reprennent à peu de choses près la même disposition à lit central (190 x 140 cm), dans des dimensions pourtant peu comparables : 7,60 m pour l’un (Arto 76 F), 8,26 m pour l’autre (Arto 83 F).

Fiat Ducato 177 ch
Les différences ne s’arrêtent pas là et justifient l’écart de prix (+10 000 €). L’Arto 76 F est greffé au Fiat Ducato 2,3 l 130 ch. dans sa version de base, tandis que le 83 F reçoit le plus puissant des moteurs Fiat, le 3,0 l 177 ch. Performances et confort plaident évidemment pour la seconde motorisation, parfaitement adaptée aux contraintes de charge du 83 F (poids à vide de 4 100 kg), avec lequel nous avons eu le privilège de voyager. Plaisir d’autant plus grand qu’il était équipé en option de la boîte robotisée Comfort Matic de Fiat. Les rapports s’enchaînent en souplesse et presque en silence. On se laisse guider par le système de navigation de série, sans oublier de jeter un coup d’œil de droite et de gauche dans les rétroviseurs extérieurs « grand angle » suspendus. Par temps de pluie, la visibilité gagnerait en performance avec des essuies glaces mieux dimensionnés.

Haut niveau de sécurité
Le Niesmann se conduit avec précision et agilité, malgré ses dimensions généreuses : plus de 8 m de long et 3 m de haut. Notre essai, effectué sous des bourrasques de vent et de pluie, sur des routes départementales bosselées, nous a permis d’apprécier l’incroyable niveau de sécurité du véhicule qui ne s’écarte jamais de sa trajectoire. Nous avions déjà eu l’occasion de le vérifier sur circuit et lors d’exercices d’évitement, sans jamais le prendre à défaut. Non, il faut se rendre à l’évidence, ce camping-car Niesmann + Bischoff s’élève au-dessus mêlée. Luxe suprême, aucun grincement du double plancher, comme dans une vieille bâtisse, n’accompagne les balancements du camping-car dans les virages et les manoeuvres. Il y a des signes qui ne trompent pas.

Double-plancher central
L’excellente stabilité du Niesmann + Bischoff ne doit rien au hasard. Une partie de l’explication tient à la mise en œuvre de techniques spécifiques. C’est ainsi que des entretoises verticales solidement boulonnées au châssis AL-KO surbaissé (-220 mm) maintiennent un caisson central en sandwich d’aluminium, dans lequel les éléments techniques – réservoirs et batteries- sont disposés au plus près du centre de gravité, à l’abri du gel. Ce double plancher monté sur les longerons de l’AL-KO renforce la structure du camping-car.
Ce n’est pas tout. La rigidité à la torsion vient aussi des panneaux sandwich qui enferment, entre deux épaisseurs d’aluminium (intérieur/extérieur), de la mousse de polystyrène extrudé (30 mm de Stryrofoam) réputée pour ses propriétés mécaniques et isolantes. C’est du costaud.

Store roulant électrique en cabine
Autre signe évident de qualité, pendant toute la durée de l’essai, alors que les conditions n’étaient pas des plus favorables, nous n’avons pas ressenti d’air froid sur les jambes en conduisant, comme cela se produit parfois sur certains intégraux mal isolés ou sur lesquels la porte conducteur est déréglée ou vrillée.

A main gauche, le conducteur dispose de plusieurs commandes électriques, dont l’une gère les mouvements du volet roulant de pare-brise. C’est un rempart aluminium efficace contre le froid, mais également contre les rayons du soleil lorsqu’il est utilisé comme pare-soleil. Deux loquets montés sur les rails interdisent de le descendre involontairement trop bas pendant la circulation… Toujours au même endroit, à main gauche, on dispose d’une autre commande contrôlant cette fois le marche-pied. Pratique, on s’évite ainsi tout déplacement avant de prendre la route.

Un luxe de détails
Côté aménagement, la rigueur et la sobriété allemandes se conjuguent à la chaleur et l’élégance des intérieurs italiens. Le style est volontairement épuré, contemporain, débarrassé de toutes fantaisies qui alourdissent la ligne générale du mobilier, à l’image du bar (symbole suprême du luxe) ou du meuble TV. Sur l’Arto 83 F, l’écran plat est installé à hauteur d’yeux dans une discrète console installée près de la porte cellule, pas trop loin du salon. On est d’autant mieux installé pour regarder la TV que les dossiers des fauteuils cabine Ska s’inclinent pratiquement à l’horizontal… Depuis ce poste d’observation, fort agréable, on prend le temps d’apprécier le luxe des détails : la microfibre tendue au plafond, les éclairages indirects, les finitions chrome des interrupteurs, la jolie table à rallonge, etc. Au bout du compte, un résultat convaincant, élégant et sobre, chic et raffiné. Un deuxième emplacement TV est également prévu dans la chambre… C’est le luxe.

Chauffage central Alde
Plusieurs minutes après la mise en route de la chaudière Alde, montée de série sur l’Arto 83 F contrairement au 76 F, une douce chaleur se répand à l’intérieur du Niesmann, ceinturé de radiateurs : derrière les meubles, les banquettes, dans le double plancher et même le long des parois de la cabine. Les réglages permettent de réguler la température en fonction des zones de vie, de la réduire dans la chambre et l’augmenter dans le salon. Et grâce au dispositif Secumotion de Truma, le chauffage gaz continue de fonctionner pendant les trajets.
Dans le double-plancher chauffé, les réservoirs sont bien à l’abri du gel. Une conduite d’eau chaude serpente aussi dans le garage et dans le local technique regroupant les vannes de vidanges et la pompe à eau.

Sommier Froli sous le lit central
Lit central ne veut pas dire forcément de milieu. Sur l’Arto 83 F , le couchage de 190 x 140 cm est légèrement décalé, à 30 cm de la paroi gauche, contre 48 cm à droite. Bien que l’on soit sur un intégral de 8,26 m, on rencontre des mêmes soucis de circulation au pied du lit avec un fort rétrécissement (28 cm) du côté cabinet de toilette. De part et d’autre, il faut franchir deux marches d’égales hauteur (27 cm) pour accéder au niveau du matelas de très haute qualité, sur sommier Froli. Ce système de ressorts spécifiquement conçus pour le nautisme garantit un excellent confort et en même temps qu’une bonne aération du matelas, supérieure à celle sur simples lattes en bois.

Si parallèlement on se félicite des belles ambiances et de la qualité générale des matériaux utilisés, notamment pour la structure aluminium de la cabine de douche (75 x 75 cm), on s’étonne de l’utilisation d’un WC à cuvette plastique – la céramique ne serait pas mieux et plus en phase avec le niveau du véhicule ? Cette fausse note agace, mais ne contredit pas le bilan très positif de l’Arto 83 F, sans doute l’un des meilleurs camping-cars de sa catégorie, parfaitement taillé et pensé pour une utilisation exigeante en toutes saisons.

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