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C’est un petit livre, une centaine de pages, qui pèse lourd. Un pavé dans la marre. Le titre donne le ton : « Camping-car, la guerre du stationnement. Nous voulions la liberté, on nous vend des parkings ». Signé d’un véritable utilisateur, ce livre dresse un bilan sans langue de bois du stationnement des camping-cars.

Sur la route depuis 1998

Sujet éruptif, qui déchaine les passions et les commentaires, le stationnement des camping-cars fait l’objet d’un premier livre. « C’est à la fois un outil, un constat, un coup de gueule, mais aussi un cri d’espoir » détaille son auteur, Stéphane (@familyRoss), camping-cariste de longue date, « sur la route depuis 1998 », et créateur de contenu sur You Tube. Bref, il sera difficile de lui faire un procès en légitimité vu son parcours d’utilisateur.

Le titre « guerre de stationnement » n’est-il pas trop fort ? « Plus les années passent, plus les conflits sont nombreux. On doit batailler au quotidien pour trouver un stationnement et des services ».

Le piège se referme

S’appuyant sur des exemples concrets et documentés, ce qui en fait tout le sel, il aborde la question du stationnement des camping-cars sous plusieurs angles : juridique, historique et économique. C’est d’ailleurs là que le point de vue devient très intéressant, car il dénonce sans réserve les dérives et les glissements des modèles opérés notamment par les nouveaux acteurs du stationnement que sont Park4Night ou Camping-car Park. Au centre des critiques, cette dernière entreprise donne lieu à un chapitre dans le livre, sous le nom : « L’empire qui monte, la menace du monopole ». « Ce qui était au départ un concept intéressant devient un véritable piège qui se referme sur les camping-caristes, à mesure que Camping-car Park étend sa toile et son monopole sur le stationnement ».

Des exemples vertueux

À l’appui de sa démonstration, Stéphane prend l’exemple de plusieurs communes, dont celle de Prahecq (79) qu’il connait bien : « Pendant des années, l’aire d’étape fonctionnait très bien. Tout y était gratuit. Le stationnement et les services. L’agent municipal contrôlait les véhicules pour éviter les abus et les ventouses. Depuis l’installation de l’aire Camping-car Park, le prix est passé à quinze euros, alors qu’elle n’offre rien de plus. Résultat, plus personne sur l’aire, sinon deux ou trois camping-cars de passage, alors qu’elle était complète auparavant, même l’hiver. Où est l’avantage de la commune ? Je me pose la question. Vu le taux de fréquentation et le montant de l’investissement, la rentabilité est impossible. C’est déjà un échec ».

Camping-car Park fait l’objet d’un chapitre dans le livre, sous le titre : « L’empire qui monte, la menace du monopole ».

Dressant l’état des lieux du stationnement, ce livre ne pouvait passer sous silence la bataille juridique, et homérique, qui est conduite par le CLC (comité de liaison du camping-car) contre la liberté de stationner des camping-cars en France. « Les communes forcent les gens, au moyen d’arrêtés illégaux, à stationner sur les aires Camping-car Park. Ce n’est pas possible. Je n’irai pas là, où je n’ai pas envie d’aller. Le but du livre, c’est aussi d’informer les gens sur cette situation ».

Stéphane (@familyRoss) ne défend pas la gratuité à tout prix (sic), mais plutôt la liberté de choix. Parmi les exemples vertueux, il cite celui d’Amboise (37), où les camping-caristes disposent de multiples solutions. « On y trouve tout. Quelques places gratuites pour les camping-cars de passage, sans services, mais aussi un camping municipal, une étape chez un particulier, une borne pour les vidanges et une aire Camping-car Park ».

Dans son livre, Stéphane (@familyRoss) évoque d’autres communes, moins touristiques, à l’image d’Esse, près de Confolens (16). « Pourquoi une petite commune de 500 habitants, ayant peu de moyens financiers, réussit l’accueil des camping-cars, avec des services payants, alors que d’autres disent que ce n’est pas possible, qu’il faut passer par une aire privée ou Camping-car Park ? Il faudra m’expliquer ».

Construire une image positive

Abordant toutes les questions, même les plus douloureuses pour la communauté des utilisateurs, Stéphane (@familyRoss) pointe aussi du doigt la responsabilité des camping-caristes qui, parfois, se comportent mal.  « Chaque camping-cariste porte une part de responsabilité dans l’issue de cette guerre. Les comportements individuels dessinent collectivement l’avenir du stationnement. Respecter les lieux, gérer ses déchets, limiter sa durée de séjour, refuser les installations abusives : ces gestes simples construisent une image positive. »

Un livré équilibré qui appelle les maires à la réflexion

Sans y répondre clairement, le livre pose en filigrane la question de l’avenir du camping-car : « Demain, sommes-nous prêts à acheter un camping-car s’il faut payer en permanence le stationnement ? ».

Au terme du livre, l’auteur interpelle les maires. « Vous subissez des pressions contradictoires. Les riverains se plaignent des nuisances. Les commerçants réclament de la clientèle. Votre budget est serré. Des entreprises privées vous promettent des revenus sans effort. Je comprends ces tensions. Mais je vous demande de prendre le temps de la réflexion avant de céder aux solutions apparemment simples »

✅ « Camping-car, la guerre du stationnement. Nous voulions la liberté, on nous vend des parkings », disponible en édition brochée (19,99€) et numérique (9,99€), sur Amazon,

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