À l’occasion du centaine de l’entreprise Notin, retour sur les grandes étapes de son histoire, depuis la reprise en main par Pierre Bruand en 1978 jusqu’à aujourd’hui. Ce parcours exemplaire accompagne et participe au fort développement du camping-car en France au début des années 80, encouragé par le fractionnement du temps libre et la baisse progressive des prix.

La ligne de toit de cette capucine Notin a de quoi surprendre ! Elle illustre bien la transition qui s’opère à cette époque.

Lorsqu’il reprend les rênes de Notin, Pierre Bruand peut déjà  se prévaloir d’une solide expérience au sein de la Sodis, une société d’importation, qui pousse sur les routes de France de nombreux fourgons aménagés en provenance d’Outre-Manche et d’Allemagne.

Pierre Bruand

Bien qu’en avance sur son époque, Notin se retrouve aux pieds du mur, contrainte de revoir son modèle de production pour faire face aux nouvelles exigences d’un marché du camping-car qui s’accélère et s’ouvre à de nouveaux acteurs. L’industrialisation est en marche.

Peu de temps après son arrivée, Pierre Bruand présente une gamme de camping-cars profilés dont la carrosserie est désormais constituée de panneaux sandwich en tôle d’aluminium 10/10e. L’isolation Klégessel couvre les parois, le pavillon et sous le plancher. La structure est consolidée par la présence de deux arceaux de sécurité anti-écrasement tout à fait d’avant-garde en France. Le mobilier quant à lui reprend le travail d’ébénisterie traditionnel qui fait la réputation de Notin. Le choix des porteurs va du Citroën C 25 au Peugeot J5 en passant par le Renault Master sans oublier le Mercedes 309 D.

Un sacrifice payant

Les fenêtres de toit ont disparu mais la marque n’oublie pas de proclamer que ses camping-cars sont “de vrais Notin” étant donné qu’ils conservent les volets roulants en bois et un équipement hors-pair. Ils ont pour nom Oléron, Méribel, Bandol, Courchevel, Palavas, Andernos. Toute une époque ! Ces gammes donneront les lettres de noblesse à la marque à la fin des années 80.

Le premier intégral Notin apparaît en 1994

Enfin, apparaissent à leurs côtés, sur commande, et en version grand luxe des fourgons aménagés sur base Citroën, Peugeot, Renault ou Mercedes comme les Calvi, Bastia et Paimpol. Les premières versions de 1980 conservent encore des fenêtres de toit, mais pas les suivantes. En 1985, elles auront disparu sur toutes les gammes de produits.

Un vrai crève–coeur pour Pierre Bruand, pour qui cet ingrédient avait une valeur particulière pour la marque. Le sacrifice fut néanmoins payant. Les fenêtres de toit coûtaient à elles seules 15000 Fr à la marque tant leur confection exigeait de nombreuses heures de travail.

Un coup brutal porté à Notin

La fin du siècle est marquée par l’arrivée du premier intégral Notin en 1994 qui conduira à la présentation du poids lourd Ontario en 1998. La décennie suivante sera à l’image du succès de l’entreprise qui inaugure de nouveaux ateliers. L’année 2008 porte un coup brutal à l’entreprise, confrontée à la crise financière et à la disparition de Pierre Bruand.

Guerric et Gisèle Bruand reprennent vaillamment le flambeau. À l’occasion des 90 ans de la marque, Notin dévoile une nouvelle gamme de véhicules dénommée Prestige. Elle désigne des intégraux poids lourd sur Mercedes réunissant les meilleurs ingrédients du moment : lit central, chauffage Alde et parois en alufiber. Mais les comptes de l’entreprise restent dans le rouge en raison d’une consommation atone dans l’Hexagone. C’est à l’été 2012 que François Feuillet, à la tête du groupe Trigano, se rapproche de Notin qu’il tient en estime.

En 2012, Trigano monte au capital de l’entreprise et accorde toute sa confiance à ses dirigeants historiques et à leurs équipes. Lors du salon de cette même année, la présentation du Notin Liner, premier du genre au catalogue de la marque, fait sensation.

Le Notin Liner propulse le constructeur français dans la cour des spécialistes du très haut de gamme.

Le second souffle

A partir de là, tout s’emballe. En 2013, sans rien sacrifier à la qualité de fabrication, apparaît la gamme de profilés Progress sur Fiat Ducato. Ce retour de Fiat s’accompagne d’une baisse sensible du prix de vente (à partir de 70 000€). Le succès est immédiat.

En 2014, le prestigieux Notin Liner inspire la création d’une gamme Excel sur Mercedes Sprinter et Iveco Daily. Puis en 2015, la famille des intégraux se cherche des débouchés moins élitistes. Les I.Progress sur Fiat viennent combler avec succès un manque stratégique dans la gamme Notin. Consensuelle, elle a tout pour réussir. Ce faisant, la marque est encore sur la brèche pour célébrer son 95e anniversaire et inaugure dans la foulée un nouveau site industriel à Panissières. La mise en route se révèle complexe et butte sur une série d’événements extérieurs : attentats, conflits sociaux, recrutement, formation et autre virus… Néanmoins, à la veille de la célébration de son centenaire, Notin aligne une gamme fantastique composée de véhicules haut de gamme, fruit d’une longue tradition et d’une passion sans faille.

La dernière génération de Notin, celle des 100 ans !

VOIR AUSSI : une nouvelle gamme NOTIN Excel Evolution 

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